Liège Creative : "Vers d’autres valorisations des déchets bois ?"
Vers d’autres valorisations des déchets bois ?, un événement organisé par Liège Creative
Plusieurs orateurs se sont succédé à la tribune :
- Sophie Trachte, professeure (Faculté d’Architecture, URA, ULiège) et cheffe de file de Valbowal ;
- Gaëtan Duyckaerts, responsable Gestion & Engineering (Atelier de l'Avenir)
- Laurie Verheyen, coordinatrice de la Stratégie Économie Circulaire (Citydev.brussels)
- Nicolas Smets CEO (BatiTerre)
Sophie Trachte a démarré son intervention par différentes définitions de l’économie circulaire en expliquant pourquoi celle-ci était un enjeu pour le secteur de la construction. En effet, le secteur de la construction est un gros consommateur de ressources qui doit s’inscrire dans les objectifs de neutralité carbone. Il est face, aujourd’hui, à un parc de bâti ancien, peu performant auquel il faudra trouver des solutions.
Afin de structurer les actions à mettre en place, Sophie Trachte est partie de la directive-cadre sur les déchets qui propose une hiérarchie d’actions en termes de prévention et de valorisation des déchets. Il sera donc essentiel de conserver des produits pour ne pas en faire des déchets en se basant sur le concept des 9 R qui consiste à créer un système plus durable, en boucle fermée, pour prolonger la durée d'utilisation des produits et maintenir leur valeur le plus longtemps possible.
Gaëtan Duyckaerts a ensuite enchainé sur la manière de valoriser le bois. L’entreprise « Les Ateliers de l’Avenir » existent depuis 40 ans. Des personnes en situation de handicap, principalement sourdes et malentendantes y travaillent. Cette entreprise se base sur un modèle à impact positif, centré sur l'humain et la ressource. Sa mission est de fournir un emploi durable, digne et valorisant.
Trois activités découlent de l’entreprise : le triage et la réparation de palettes, la construction de murs en bois et la menuiserie. Ils travaillent au quotidien pour que le bois de réemploi devienne la norme. L’entreprise se base sur l’échelle de Lansink qui est un principe de gestion des déchets qui privilégie la prévention des déchets, suivie du réemploi, du recyclage, de l'incinération avec récupération d'énergie et enfin de l’incinération et la mise en décharge. Ainsi, chaque déchet collecté est valorisé au maximum.
Laurie Verheyen a présenté le projet Woodpark, un partenariat public-privé pour le réemploi du bois de construction qui est né d'une volonté de recentrer les activités sur la construction et le réemploi des matériaux bois à Bruxelles, en centralisant les acteurs existants. Il se positionne comme un facilitateur entre l’offre et la demande de matériaux bois de réemploi pour augmenter la circularité des matériaux au sein des chantiers bruxellois.
Ce projet se matérialise à l’heure actuelle en deux ateliers, situés aux environs d’Anderlecht, qui seront équipés pour assurer les fonctions de stockage, préparation au réemploi, transformation, formation et développement de nouveaux produits (R&D). Lancé par le programme Irisphère, porté par citydev.brussels, il profite de partenariats avec des entreprises de terrain expérimentées comme MCB Atelier et BatiTerre.
Nicolas Smets estime crucial de développer l'offre et la demande pour assurer la pérennité du secteur, actuellement basé sur la bonne volonté des personnes convaincues. Selon lui, il n’existe pas aujourd’hui d'obligation légale de réemploi. Un matériau de réemploi n'ayant pas de fiche technique, la question de la responsabilité juridique se pose. L'analyse des contraintes techniques est essentielle pour déterminer leur réelle nécessité (safe in circularity : maîtrise du démontage et du remontage). L'intégration de critères facilitant le réemploi dans les Cahiers Spéciaux des Charges (CSC) et les initiatives comme MCB ateliers (création de nouveaux produits intégrant le réemploi) sont des pistes prometteuses.
Source : Liège Creative. Vous trouverez plus d'informations sur leur site, https://www.liegecreative.be/evenements/vers-dautres-valorisations-des-dechets-bois
