Une thèse en phase avec les objectifs de Valbowal



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©️ Ophélie Noël

Auteure d’un mémoire de fin d’études, passé en septembre 2024 en faculté d’Architecture de l’Université de Liège, intitulé Quel potentiel de réemploi offrent les bois de structure dans les habitations urbaines liégeoises ? Le cas des bois de charpente datant de l'Ancien Régime (XVIe- XVIIIe siècle), Ophélie Noël devient assistante et se lance dans une thèse particulièrement en phase avec les objectifs poursuivis par Valbowal… Interview...

Malgré des qualités structurelles et une valeur patrimoniale certaine, les bois anciens de charpente restent aujourd’hui largement sous-exploités dans les projets de construction et de rénovation. Pourquoi ?

Cette situation s’explique principalement par l’absence de données techniques fiables et de méthodes d’évaluation adaptées, ce qui constitue un frein majeur à leur réemploi. Et justement, dans un contexte de transition énergétique, de rénovation massive du parc bâti et de pression croissante sur les ressources naturelles, ma recherche vise à développer une méthodologie rigoureuse permettant d’évaluer et de réemployer les bois anciens de charpente selon une approche à la fois technique, circulaire et patrimoniale.

Vous travaillez sur le bâti liégeois. Il est particulièrement intéressant ?

Le bâti liégeois du XIXᵉ siècle, particulièrement abondant et largement composé de charpentes en bois, constitue effectivement un terrain d’étude pertinent à l’échelle wallonne et même européenne. Ma recherche poursuit trois objectifs principaux :

  1. produire des connaissances techniques, patrimoniales et circulaires sur les bois anciens de charpente ;
  2. développer et valider un protocole d’évaluation visuelle, non destructif et applicable sur chantier, fondé sur des critères croisant ces trois dimensions ;
  3. et élaborer des scénarios de réemploi compatibles avec les performances observées et le cadre normatif actuel.

Pour ce faire, le projet s’appuie sur une démarche en quatre étapes :

  1. la documentation (données techniques et circulaires) des bois anciens à partir de la littérature, d’archives et de cas d’étude ;
  2. l’analyse de leur valeur patrimoniale ;
  3. le développement et le calibrage du protocole d’évaluation en conditions réelles avec des professionnels ;
  4. enfin la formulation de scénarios de réemploi précisant les usages possibles, les contraintes et les leviers normatifs.

Les liens avec les objectifs de Valbowal sont évidents…

Oui… Par son caractère interdisciplinaire, croisant l’archéologie du bâti, l’ingénierie structurale et la construction circulaire, cette recherche s’inscrit pleinement dans les ambitions de l’IIS Valbowal, et également  et de l’IIS Renow, qui visent à accélérer la rénovation énergétique et durable des bâtiments.

En soutenant le développement du réemploi des matériaux, encore insuffisamment structuré dans le secteur de la construction, ma recherche contribue à l’émergence de nouvelles pratiques et de nouveaux métiers liés au démontage, à la réparation et à la « remanufacturation ». Le réemploi des bois de construction apparaît ainsi comme un levier majeur pour réduire la consommation d’énergie, les émissions de carbone et la pression sur les ressources forestières, tout en prolongeant le stockage du carbone et en valorisant le « déjà-là » dans une logique de gestion durable du patrimoine bâti.

Est-il déjà prévu de présenter votre recherche dans divers événements ?

Oui, effectivement. Elle sera présentée lors de plusieurs conférences à portée nationale et internationale, notamment la « Belgian Science for Climate Action Conference » (Bruxelles, 2026 – abstract accepté), » From Forest to Heritage » (Klagenfurt, 2026 – réponse attendue) et « Energy Efficiency in Historical Buildings » (Strasbourg, 2026 – réponse attendue).

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